Bastiaan posa calmement la main sur mon épaule et observa la foule. Son calme eut plus d’effet que n’importe quel cri. Plus personne n’osa dire un mot. Même le serveur, qui s’apprêtait à remplir le champagne, resta immobile.
« Je crois, » dit Bastiaan d’une voix calme, « que ma femme mérite simplement des excuses. »
Mon père s’éclaircit la gorge et tenta de retrouver confiance en lui.
« Il y a manifestement eu un malentendu », a-t-il dit en riant de façon forcée. « On plaisantait, c’est tout. Entre nous, en famille. »
Bastiaan le regarda en silence. Le silence ne dura que quelques secondes, mais parut une éternité.
« Une blague ? » finit-il par demander. « Je vous ai vu pousser votre propre fille dans une fontaine sous les applaudissements de dizaines de personnes. Je n’appelle pas ça une blague. »
Plus personne n’osait prendre le parti de mon père.
Ma sœur Fleur jeta un regard nerveux à ses invités. L’ambiance festive avait complètement disparu. Là où, quelques minutes auparavant, résonnaient des rires, on n’entendait plus que le bruissement des arbres et le doux clapotis de la fontaine.
Ma mère avança de quelques pas hésitants.
«Discutons-en à l’intérieur», suggéra-t-elle.
« Non », ai-je répondu calmement. « Vous avez choisi de m’humilier publiquement. Alors la vérité peut aussi être dite publiquement… »
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