— Je croyais que ça ne vous dérangeait pas !
Je l’ai regardée droit dans les yeux.
— Je vous ai littéralement dit que je pensais *vraiment* que c’était mauvais.
Un silence gênant s’installa.
J’ai alors sorti un dossier de ma veste.
— De plus, j’ai fait vérifier mon compteur.
Monique a regardé le dossier.
– Pourquoi?
— Parce que je voulais savoir quelle était l’ampleur de la surconsommation.
J’ai désigné les papiers.
— Et j’ai décidé de ne pas appeler la police immédiatement.
Elle parut surprise.
– Quoi?
— Je préférerais que nous réglions cela comme des adultes.
J’ai sorti une feuille de papier.
Voici un aperçu de la consommation d’électricité supplémentaire que j’ai pu démontrer. Je vous demande simplement de me rembourser ce montant et de ne plus toucher à ma propriété.
Monique a regardé le montant.
Son visage a changé.
— C’est ridicule !
— Ce calcul est basé sur ma facture d’énergie et l’estimation de la consommation. Si vous pensez qu’il est incorrect, nous pouvons vérifier les relevés de compteur ensemble.
Elle resta silencieuse.
Une voisine âgée qui habitait à côté de chez nous depuis des années a dit :
— Monique, je crois que tu ferais mieux de payer pour ça.
Elle le foudroya du regard.
— Personne ne vous a rien demandé.
Il haussa les épaules.
— Peut-être pas. Mais je ne veux pas me disputer avec mes voisins à propos d’un câble de recharge.
Monique regarda autour d’elle.
Pour la première fois, elle sembla réaliser que personne n’était de son côté.
Elle soupira.
— Très bien. Je paierai.
J’ai hoché la tête.
– Avant.
Je lui ai donné le papier.
— Et une dernière chose.
Elle leva les yeux.
— Et maintenant ?
— Ma tondeuse et mon nain de jardin.
Quelques voisins se sont mis à rire.
Monique me regarda avec incrédulité.
– Êtes-vous sérieux?
– Absolument.
Elle soupira profondément.
— Je les reprends.
– Merci.
Elle fit demi-tour et se dirigea vers sa voiture.
Mais avant d’entrer, elle s’est arrêtée.
Elle regarda par-dessus son épaule.
— Pourquoi ne m’avez-vous pas simplement dénoncé ?
J’ai répondu honnêtement :
— Parce que je ne voulais pas qu’une seule mauvaise décision transforme tout notre quartier en un lieu de conflit.
Elle m’a regardé pendant quelques secondes.
Puis elle est entrée.
Le lendemain matin, ma tondeuse et mon nain de jardin étaient de retour à leur place.
Et plus tard dans la journée, j’ai trouvé une enveloppe dans ma boîte aux lettres.
L’argent que Monique devait.
Avec une petite précision :
Vous aviez raison. J’aurais dû vous demander la permission.
Je ne lui ai pas répondu.
Non pas parce que j’étais en colère.
Mais parce que j’ai enfin compris que poser des limites est parfois bien plus efficace que de se disputer.
Depuis, ma prise extérieure est toujours verrouillée.
Et chaque fois que je passe devant ce panneau, je ne peux m’empêcher de sourire.
Non pas parce que je voulais donner une leçon à mon voisin.
Mais parce que j’avais enfin compris qu’être gentil ne signifie pas que les autres peuvent vous marcher dessus sans retenue.
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